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Comment cumuler les statuts d’agent public et de micro-entrepreneur ?

En tant qu’agent public (contractuel ou fonctionnaire), vous avez la possibilité de cumuler, avec votre emploi, une activité professionnelle de micro-entrepreneur (ou auto-entrepreneur). Nous vous expliquons les conditions qu’il faut remplir.

    Pour pouvoir exercer une activité secondaire à titre professionnel et dans le cadre d’une micro-entreprise, l’agent public doit respecter certaines règles.

    Concernant le statut de l’agent public

    En principe, la loi interdit à tout agent public d’exercer à titre professionnel une activité privée lucrative. Il existe toutefois de nombreuses exceptions dans lesquelles le cumul est possible.

    En toute hypothèse, toute situation de cumul doit respecter toutes les conditions suivantes :

    • L’activité complémentaire envisagée ne doit pas perturber l’exercice de l’activité principale (agent public).

    • L’activité complémentaire doit être exercée en dehors des heures de travail.

    • L’activité complémentaire ne doit pas être considérée comme une prise illégale d’intérêts.

    Ce cumul peut parfois être opéré librement, mais il peut également nécessiter dans d’autres cas une déclaration ou une autorisation préalables :

    L’agent public peut librement cumuler son activité principale avec les activités suivantes :

    • Production d’oeuvres de l’esprit, sous réserve de respecter le secret professionnel et son devoir de discrétion

    • Profession libérale dans le domaine artistique ou en tant que membre du personnel enseignant, technique ou scientifique d’un établissement d’enseignement

    • Activité bénévole au profit de personnes publiques ou privées sans but lucratif

    Un tel cumul est libre et ne nécessite aucune formalité préalable

      Dans certaines hypothèses, le cumul d’activités par l’agent public nécessite une déclaration à son autorité hiérarchique. Cela concerne notamment le cas de l’agent public occupant un emploi à temps non complet (ou incomplet), et dont la durée du travail est inférieure ou égale à 70 % de la durée légale ou réglementaire.

        Dans certains cas, le cumul nécessite l’obtention d’une autorisation par le supérieur hiérarchique avant le démarrage de l’activité.

        Activités accessoires nécéssitant une autorisation

        L’autorisation de cumul est obligatoire pour les activités suivantes :

        • Expertise et consultation

        • Enseignement et formation

        • Activité sportive ou culturelle, y compris l’encadrement et l’animation dans le sport, la culture et l’éducation populaire

        • Activité agricole

        • Activité de conjoint collaborateur dans une entreprise artisanale, commerciale ou libérale

        • Aide à domicile auprès d’un proche (parents, enfants, conjoint…)

        • Garde d’enfants

        • Assistance aux personnes âgées, aux personnes handicapes et aux personnes nécessitant une aide personnelle à domicile ou une aide à la mobilité

        • Travaux de faible importance réalisés chez des particuliers

        • Activité d’intérêt général

        • Mission d’intérêt public de coopération internationale ou auprès d’organismes d’intérêt général international ou d’un État étranger

        • Certaines activités de service à la personne (garde d’enfants, assistance notamment aux personnes âgeés ou handicapées, tâches ménagères)

        • Vente de biens produits personnellement par l’agent public

        Demande d’autorisation

        L’autorisation doit être demandée par écrit à l’autorité hiérarchique de l’agent public.

        Cette demande doit contenir au minimum les informations suivantes :

        • L’identité de l’employeur ou nature de l’organisme pour le compte duquel l’activité accessoire sera exercée

        • Nature, durée, périodicité et conditions de rémunération de cette activité

        L’autorité hiérarchique dispose ensuite d’1 mois pour répondre à cette demande. En l’absence de réponse écrite dans ce délai, la demande d’autorisation est considérére comme rejetée.

        À savoir

        L’autorisation est valable 3 ans et doit être renouvelée 1 mois avant la fin de l’échéance. Après une nouvelle demande d’autorisation, le renouvellement est alors donné pour 1 an.

          Concernant le statut de micro-entrepreneur

          L’activité d’une micro-entreprise peut être de différentes natures :

          • Activité commerciale (uniquement si l’entrepreneur est majeur ou mineur émancipé)

          • Activité artisanale

          • Activité libérale réglementée si l’entrepreneur réunit les conditions propres à l’activité envisagée

          • Activité libérale non réglementée

          Par ailleurs, l’agent public ne peut être soumis au statut de la micro-entreprise (régimes micro-fiscal et micro-social) que si son  CAHT  ne dépasse pas les seuils applicables à son activité.

          Ces seuils sont détaillés sur la fiche dédiée au régime fiscal de la micro-entreprise.

          Référence : LOI n° 2016-483 du 20 avril 2016 relative à la déontologie et aux droits et obligations des fonctionnaires (article 7 )

           https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/JORFARTI000032433914 

          Référence : Code général de la fonction publique : article L123-7

           https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000044427803 

          Référence : Code général de la fonction publique : article L123-2

           https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000044427817 

          Référence : Code de la propriété intellectuelle : article L112-2

           https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006278875 

          Référence : Code général de la fonction publique : article L123-3

           https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000044427815 

          Référence : Code général de la fonction publique : article R123-7

           https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000050546371 

          Référence : Code général de la fonction publique : articles L123-4 à L 123-6

           https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000044416551/LEGISCTA000044420773/#LEGISCTA000044427813 

          Référence : Code général de la fonction publique : article R123-8

           https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000050546373/ 

          Référence : Code général de la fonction publique : article R123-9

           https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000050546375 

          Référence : Code général de la fonction publique : article R123-10

           https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000050546377